Septembre 18, 2008
Musicien prolifique se cachant derrière IN GOWAN RING et BIRCH BOOK, véritable troubadour des temps modernes, B'eirth puise toute la substance de ses chansons dans les voyages l'emmenant aux quatre coins du monde.
Des compositions d'une profondeur surprenante, un jeu de guitare et une tessiture de voix rares, cet auteur-compositeur américain est, sans aucun doute, un des artistes folk les plus mésestimés de ces dix dernières années.
Avant de continuer une tournée européenne qui l'emmena de l'Angleterre à l'Allemagne en passant par la Suède, B'eirth s'arrêta pour un soir sur la terrasse du 7ème Ciel et envoûta son auditoire muni de sa guitare et de son harmonica. Un très grand moment.
Imaginez la terrasse du Septième Ciel transformée en veillée nocturne pour petits elfes n'ayant pas envie d'aller au dodo. La raison de cette indiscipline ? Le passage de In Gowan Ring, un barde énigmatique et solitaire dont les mélodies distillent un charme envoûtant. Depuis une quinzaine d'années, l'Américain court le monde (et surtout l'Inde), fabrique ses propres instruments et édite des chansons sur des supports confidentiels. Le genre de rencontre insoupçonnée qui vous marque tant la nature de cet artiste semble éloignée de toute posture artificielle. Sa musique ? Un folk lettré aux effluves "trad" et aux délicates réminiscences psychédéliques sans caricature. D'où le côté troubadour sans âge à mi-chemin entre la légèreté d'un Donovan et la science d'un John Renbourn. Après le maintenant rituel et convivial pot d'accueil, tout le monde s'installe sur la terrasse, autour du musicien au look d'Harry Potter (lunettes rondes vite enlevées, pantalon de velours…).
Le Sacré Cœur brille au loin, décor magique pour ses mélodies élégiaques, sa voix douce qui invite à se laisser bercer. Entre chaque morceau, un ange passe, B'eirth (c'est son nom) cherche son capo, farfouille dans ses harmonicas et colle son nez sur sa tracklist avant d'annoncer le prochain titre. Contraste entre le comique lunaire du myope et la concentration de l'interprète. A la fin du set, il s'offre un petit clin d'œil à Gainsbourg en reprenant "La chanson de Prévert", en fwancé of course. Difficile de qualifier la musique et le personnage sans se risquer à des comparaisons hasardeuses. Et d'ailleurs pourquoi faire ? Une veillée à l'ancienne, au coin d'un feu imaginaire, avec des lucioles dansant sur les toits alentours et le château de la Belle au Bois Dormant en ligne de mire… c'est déjà suffisamment unique comme ça. Le Septième Ciel au Nirvana !
Luc Taramini